02 juillet 2008

V.G.

A l'aube de ce jour fatidique au cours duquel les bougies sont de rigueur pour ma petite personne, j'ai enfin eu le loisir de me délester de l'un de mes plus vieux démons qui me poursuit depuis deux décennies, c'est dire si le soulagement en est savouré !

Il existe nombre de sites jouant sur la fibre nostalgique des adulescents, cette fameuse génération vieillissante de jeunes (et moins jeunes aussi) adultes touchés par le syndrome de Peter Pan qui ne peuvent s'empêcher de rester profondément attachés aux précieux avantages de l'adolescence. Il vous suffit d'une photo (plutôt flatteuse si possible... histoire de souligner insidieusement que le temps ne saurait avoir trop d'emprise), de renseigner un minimum votre cursus scolaire ou professionnel (voire les deux pour les aficionados des CV bien remplis) et le tour est joué ! Vous voici fiché, enregistré, irrémédiablement jeté en pâture à quelques millions d'internautes (réseau mondial oblige !). C'est à partir de là que tout se met réellement en place : bientôt, vous serez en mesure de tester en quelques clics votre  fantastique (ou dérisoire pour les plus pessimistes) côte de popularité au sein de ces formidables microcosmes qu'il vous a été donné de fréquenter au cours de vos jeunes années !

Phénomène de mode ou de société, c'est selon, mais, bien entendu, je n'ai pas longtemps résisté aux sirènes de l'un de ces memoratum, avec curiosité. D'heureuses retrouvailles, des évidences aussi et surtout une petite satisfaction tout à fait personnelle et puérile mais peu importe, j'assume ! Ainsi donc, j'ai eu l'occasion de retrouver le fameux V.G. qui a tant marqué mes deux premières années de collège... Celui que je n'ai jamais pu oublié totalement, dont le timbre de voix  revient régulièrement à certains moments... V.G., mon très fidèle persécuteur et donneur de complexes ! Insultes, brimades, et autres tracasseries en tout genre, ce charmant V.G. n'a eu de cesse de me tourmenter jusqu'à ce que la mutation géographique de mon père me permette enfin de m'éloigner de cet empêcheur de tourner en rond (et on se demande encore pourquoi j'ai porté mon père au statut de héros !!!). Sa matière de prédilection dans ses sarcasmes était sans nul contexte mon physique, lequel pourtant ne m'a plus valu de railleries par la suite... Certainement une affaire de goûts : on ne peut pas plaire à tout le monde ! Toujours est-il que les glorieuses appelations dont V.G. m'a affublée ont fini par sceller définitivement  les mauvais réflexes de pensée qui m'accompagnent encore aujourd'hui quand je regarde un miroir avec insistance, scrutant le moindre défaut, lorsque j'essaie une tenue ou une nouvelle coiffure...

Alors oui, savoir ce que V.G. le Grand a bien pu devenir, je dois avouer que ça m'intriguait assez... jusqu'à aujourd'hui ! Mieux que mes rêves les plus insensés, beaucoup plus jouissif qu'une quelconque vengeance post-scolaire, j'ai eu tout le loisir de disséquer son parcours ni talentueux, ni fascinant, et, ô bonheur suprême, de me délecter de sa photographie : suffisance de la pose et visage on ne peut plus banal... Bref, du donneur de leçons, tête de file de moutons de Panurge plus désagréables les uns que les autres, du tyran oppresseur et moqueur, me voici face à un homme des plus insignifiants. Non pas que ma réussite professionnelle soit exemplaire, ou que ma beauté coupe le souffle à chaque regard, loin de moi cette idée  !  Mais, en fait, pour être tout à fait honnête, je crois bien  ne rien avoir à envier à V.G., et je dois avouer, qu'après toutes ces années, je me sens un peu plus confiante de part ce seul état de fait...

Douce (même si infime) revanche : voici un délicieux cadeau d'anniversaire anticipé !

Posté par MeloMeli à 18:31 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur V.G.

    Je maudis le droit à l'image de ne pas pouvoir mettre un visage sur cet oiseau... A-t-il au moins perdu ses plumes avec l'âge ?
    D'autre part, comme le temps passe et te rend chaque année plus belle...

    Posté par Cassa C., 02 juillet 2008 à 23:00 | | Répondre
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